🔬 Évaluation clinique

Le rapport d'évaluation clinique (CER) : contenu, niveau de preuve attendu, durée de vie

Le niveau de preuve clinique attendu monte avec la classe et le document se met à jour en continu : annuellement pour les implantables et la classe III, tous les deux à trois ans pour les classes IIa et IIb.

8 min de lecture

Le rapport d’évaluation clinique (CER, Clinical Evaluation Report) est la synthèse documentée de l’évaluation clinique d’un dispositif. Il rassemble toutes les données cliniques disponibles, les analyse de façon critique et structurée, et conclut sur la conformité du dispositif aux exigences cliniques du MDR — en particulier sur le rapport bénéfice/risque et la conformité aux EGSP applicables.

C’est le document clinique central du dossier technique. Et c’est souvent le document qui génère le plus d’échanges avec les ON lors de l’instruction.

La structure du CER selon MEDDEV 2.7/1 rev 4

La guidance MEDDEV 2.7/1 rev 4, publiée en 2016, reste la référence méthodologique la plus détaillée pour la rédaction du CER, même sous MDR. Elle propose une structure en cinq étapes.

Étape 1 — Scope. Définition du champ de l’évaluation : dispositif concerné, usage prévu, population cible, critères d’inclusion et d’exclusion des données cliniques.

Étape 2 — Identification des données cliniques. Revue systématique de la littérature selon une stratégie documentée et reproductible. Identification des données de surveillance post-marché disponibles. Données d’investigations cliniques si existantes.

Étape 3 — Évaluation de la qualité des données. Chaque source de données est évaluée sur sa qualité méthodologique : niveau de preuve, risque de biais, pertinence par rapport au dispositif évalué.

Étape 4 — Analyse et synthèse. Synthèse des données de sécurité et de performance. Identification des lacunes cliniques résiduelles. Conclusion sur le rapport bénéfice/risque.

Étape 5 — Conclusion et plan PMCF. Conclusion formelle sur la conformité aux EGSP applicables. Plan PMCF pour combler les lacunes identifiées.

Le niveau de preuve attendu selon la classe

Classe I : une revue bibliographique documentée couvrant les données de sécurité et de performance disponibles pour des dispositifs comparables. La démonstration que le dispositif satisfait aux EGSP peut s’appuyer principalement sur des données précliniques et des données de la littérature, si le profil de risque le justifie.

Classe IIa : des données cliniques substantielles, issues de la littérature ou de données propres au dispositif. La démonstration d’équivalence est possible si les trois critères de l’Article 61.5 sont rigoureusement documentés. Les ON examinent la qualité méthodologique des études retenues.

Classe IIb : des données cliniques directes sont généralement nécessaires, ou une démonstration d’équivalence très robuste avec un dispositif du même fabricant. Les ON de classe IIb examinent le CER avec davantage de profondeur qu’en IIa.

Classe III : des données cliniques propres au dispositif sont dans la plupart des cas indispensables. La revue bibliographique seule est rarement suffisante.

La durée de vie du CER

Le CER n’a pas de date d’expiration fixe. Il doit être mis à jour chaque fois que de nouvelles données sont disponibles — données post-marché, nouvelles publications cliniques sur des dispositifs comparables, nouvelles guidelines — et au minimum à la fréquence définie dans le CEP.

Pour les dispositifs implantables et de classe III : mise à jour annuelle minimum. Pour les classes IIa et IIb : tous les deux à trois ans selon le profil de risque et la stabilité des données.

Un CER non mis à jour depuis plusieurs années alors que des données post-marché existent est un signal d’alarme pour les ON. Il signale un processus d’évaluation clinique en veille, pas un processus continu.

Thèmes abordés :

CER rapport évaluation clinique MDR clinical evaluation report niveau preuve clinique DM